Claude de la Colombière

« Quelque incroyable que paraisse l'amour que le Fils de Dieu nous témoigne dans ce sacrement [de l'Eucharistie], il y a quelque chose qui me surprend encore plus : c'est l'ingratitude dont nous payons un si grand amour… Je ne vois qu'une seule ressource dans un si grand mal ; il faut, ô mon Dieu, que vous nous donniez un autre cœur, un cœur tendre, un cœur sensible, un cœur qui ne soit, ni de marbre, ni de bronze ; il faut nous donner votre Cœur même » (Saint Claude La Colombière).

Saint Claude La Colombière (en bas à gauche, à genoux, regardant vers l’Apparition).

C’est l’autre grand Saint de Paray-le-Monial dont la mémoire est inséparable de celle de Marguerite- Marie ; celui-là même que Jésus a désigné à la Visitandine comme son « fidèle serviteur et parfait ami ». Né le 2 février 1641, à Saint-Symphorien-d’Ozon (Isère) ; rappelé à Dieu le 15 février 1682, à Paray-le-Monial. Canonisé par Saint Jean-Paul II en 1992, sa fête liturgique est le 15 février.

Il entre dans la Compagnie de Jésus (Jésuites) en 1658 ; il est ordonné prêtre. Arrivé à Paray-le-Monial en 1675, il rencontre Marguerite Marie, il est tout de suite convaincu de l’authenticité de sa vie mystique, et il devient son confesseur et son guide spirituel. Bouleversé par le message du Sacré Cœur, il en deviendra un apôtre très ardent. Sa soif grandissante que l’Amour du Cœur de Jésus soit connu et honoré de tous fera de lui un prédicateur intrépide de la Miséricorde de Dieu. Il va lutter avec force contre le jansénisme ambiant qui mine le catholicisme en France à cette époque. « Je vous ai grièvement offensé, ô mon aimable Rédempteur ; mais ce serait bien encore pis, si je vous faisais cet horrible outrage de penser que vous n’êtes pas assez bon pour me pardonner… Quand je serais retombé cent fois et que mes crimes seraient cent fois plus horribles qu’ils ne sont, j’espèrerais encore en Vous » (Saint Claude, prière pour obtenir la Divine Miséricorde).

Prière de Confiance de Saint Claude :

Acte de confiance de saint Claude 

Je suis si persuadé, mon Dieu, que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous, je suis si persuadé qu’on ne peut manquer de rien, quand on attend tout de vous, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes.

Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur ; les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir, je puis même perdre votre grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher.

Que les uns attendent leur bonheur, soit de leurs richesses soit de leurs talents ; que les autres s’appuient ou sur l’innocence de leur vie ou sur la rigueur de leur pénitence, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leur prière ; pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance-même.

Cette confiance ne trompa jamais personne. Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux parce que j’espère éternellement de l’être et que c’est de vous, ô mon Dieu, que je l’espère.

Je connais, hélas ! et il n’est que trop vrai, combien je suis fragile et changeant ; je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies ; j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament ; mais toutes ces chutes ne peuvent m’effrayer ; tant que j’espèrerai, je me crois à couvert de tous les malheurs, et je suis sûr d’espérer toujours parce que j’espère encore de votre libéralité cette invariable espérance. Enfin, je suis intimement convaincu que je ne puis trop espérer en vous et que ce que j’obtiendrai de vous sera toujours au-dessus de ce que j’aurai espéré ; ainsi, j’espère que vous m’arrêterez sur les penchants les plus rapides, que vous me soutiendrez contre les plus furieux assauts et que vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis.

J’espère que vous m’aimerez toujours, et qu’à mon tour, je vous aimerai sans relâche ; et pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je veux espérer vous-même de vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps et pour l’éternité.

Amen.